Bopa : quand l’eau et l’électricité deviennent un luxe à Sèhougbato

  • mai 10, 2025
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Bopa : quand l’eau et l’électricité deviennent un luxe à Sèhougbato

En ce 21e siècle, vivre à Sèhougbato, un village abritant les locaux de l’arrondissement central de Bopa, devient un défi quotidien pour les habitants, confrontés à l’absence d’électricité. Depuis des décennies, personne n’a vu la lumière générée par un réseau électrique. Une situation déplorable qui oblige bon nombre de natifs à abandonner leurs habitations pour aller s’installer dans des villages voisins, où les populations, elles, ont au moins la chance d’être gratifiées de ce bien précieux, indispensable pour le développement des activités économiques.

C’est le cas de dame Gisèle Hounkponou, une coiffeuse âgée de la quarantaine révolue et dont l’atelier de coiffure est installé, il y a maintenant six ans, en bordure de la voie pavée de Sèhougbato. Nous l’avions rencontrée dans la matinée du lundi 28 avril 2025, aux environs de 10 heures.

Assise sur une table-banc posée devant son atelier, égrenant des haricots, fraîchement ramenés du champ, elle ne s’attendait visiblement pas à une visite surprise comme la nôtre. Un peu réservée au début, elle devient très vite causeuse après avoir entendu l’objet de notre présence.

« Sèhougbato, c’est une localité où nous ne savons pas ce que nous avons fait pour que nous soyons au milieu de l’électricité mais n’en disposons pas. C’est une grande peine pour nous, surtout les artisans. De sorte que parfois, quand les agents des impôts viennent vers nous, nous nous chamaillons beaucoup avec eux.

Car, il y a des tresses pour lesquelles nous avons nécessairement besoin de courant électrique. Mais, parce que nous n’en n’avons pas, les clientes qui demandent ces genres de modèle vont ailleurs pour se rendre belles. Après, on nous dit que nous allons payer les mêmes impôts que ceux qui ont le courant », s’indigne cette artisane, le cœur lourd de chagrins.

Faute d’électricité, dame Gisèle a été obligée de déménager de Sèhougbato pour s’installer à Dahè, afin de permettre à ses enfants de regarder la télévision comme cela se doit. Pendant ce temps, ses apprenties, victimes de l’absence d’électricité à Sèhougbato se plaignent.

En effet, étant donné qu’il y a des tresses qui ne peuvent pas se faire sans énergie électrique, la patronne est contrainte de rediriger les clientes qui exigent les modèles vers ses collègues qui disposent de courant électrique.

Dans ce contexte, il est difficile pour la quadragénaire de rester longtemps au boulot. L’heure de fermeture ici, c’est au plus tard 19 heures. Sauf quand il s’agit des périodes de fêtes, où elle se débrouille pour installer un panneau solaire dans le but de satisfaire au mieux, ses clientes.